13 juin 2009
Manga noir et Maison Rouge
Dans le cadre de l'exposition Vraoum ! qui se déroule actuellement à la Maison Rouge, j'ai le plaisir, l'honneur et l'avantage de réaliser une conférence sur le manga le jeudi 25 juin à partir de 19h.
Cette touneboulante exposition est un rêve pour tout lecteur de bande dessinée et amateur d'art : les liens entre la narration graphique et les arts plastiques, entre la BD, la peinture et la sculputure, y sont mis en perspective avec d'épatants moyens : planches originales d'Herriman, de Moebius, de Reiser ou de Pratt, oeuvres de Picasso, Basquiat, Lichtenstein, vidéos, sculptures, installations... Une mention spéciale pour l'oeuvre de Gilles Barbier, qui représente des super-héros, dont Hulk et Superman, grabataires, avachis et bavants à l'hospice !
Lors de ma conférence, je reviendrai sur les origines de la bande dessinée japonaise - origines esthétiques et sociales, industrie et production -, mais j'insisterai sur les liens entre le manga et la peinture néo pop-art contemporaine, ce que j'ai appelé Mangart dans mon ouvrage Culture manga, où se situent des artistes aussi remarquables que Murakami, Aida, Nara, Takano... Un spectacle de kamishibai, petit théâtre graphique, complétera le voyage !
Tarif : 7 €/5 €. Places limitées. Réservation indispensable à info@lamaisonrouge.org.
Les images de ce post représentent des oeuvres de (gauche à droite) : Alain Séchas (Lolita, 2001), Bertrand Lavier (Walt Disney Production n° 1 et 2), Gilles Barbier (L'Hospice, 2002).
31 mars 2009
La nuit du Buisson arDent
Il s'en passe de drôles de choses la nuit en Ile de France. La preuve ? La Ferme du Buisson. Non, ce n'est pas olé-olé. C'est plutôt très BD-BD, en tout cas le samedi 25 avril 2009, lors de la "Nuit Curieuse" consacrée au 9ème art. La Ferme du Buisson se trouve à 20 minutes de Paris, de Mitri-Mory, de Brie-Comte Robert, à 25 minutes de Meaux et 30 minutes de Coulommiers. Pour ainsi dire : la porte à côté. Et une porte qui s'ouvre sur pas mal de douces folies...
Dupuy et Berberian ("les parrains" de cette soirée) assureront une performance inédite et totalement fantasmatique. Des lecteurs seront plongés dans les vraies cases d'une BD en cours de réalisation ! J'adore ! Je veux en être ! Je veux ma case !
Pour sa part, Blutch rendra hommage à Sun Ra, l'un des génies du free jazz. Loo Hui Phang et Micol (auteur de Séquelles chez Cornélius, qui mêle apport franco-belge et culture manga) dessineront une histoire sur des corps humains. Oui ! Des vrais ! Et vivants, encore ! Peut-être même des filles ?
Ruppert et Mulo (prix Essentiel 2007 à Angoulême) s'associeront avec le chorégraphe Emilio Calcagno afin de découvrir une autre facette de Lucky Luke. Enfin, Jean-Claude Denis glissera quelques mélodies dans la fente de la nuit...
Sans compter moult autres sucreries, des massages, des rencontres, des... Comment ça, c'est olé-olé ?
La ferme du Buisson, Allée de la ferme, 77 448, Noisiel, Marne-la-Vallée cedex, Information et billeterie : 01 64 62 77 77 - http://www.lafermedubuisson.com/
11 mars 2009
Saint-Tin, son ami Lou et l'Afrique du sud
Actualité de Tintin... Non, je ne vais pas vous parler de Spielberg et de son film, encore qu'il y aurait beaucoup à dire sur les désirs américains de récupérer l'une des rares mythologies de bande dessinée francophone qui soit réellement internationale... Plus modestement, ce post a pour objet de souligner deux amusantes actualités du héros à la houppe blonde.
La première, c'est la sortie depuis quelques mois de la série de romans Saint-Tin et son ami Lou, amusante néo-parodie des aventures du héros d'Hergé. Je dis : néo-parodie, car les romans sortis sous l'égide des éditions du Léopard masqué font bouger les frontières habituelles de la parodie BD, genre bien établi notamment dans le champ des traditions franco-belges. Il s'agit donc de romans, plutôt bien écrits au demeurant, qui font intervenir à la fois les éléments essentiels de la saga Tintin (Saint-Tin, son ami Lou, le capitaine Aiglefin, etc.), et en même temps les met à distance, convoque aussi les mythologies de la littérature policière (le Saint...), ou de l'actualité (Le crado pince fort, où une certaine Carla B. minaude dans le désert marocain...). Moralité : on reconnaît et ne reconnaît pas, dans ces ouvrages, l'univers du Tintin de notre enfance, et c'est ça qui est drôle.
Autre actualité de Tintin, et preuve de la vitalité du personnage dans l'imaginaire mondial. Plusieurs oeuvres de la bande dessinée sud-africaine sont actuellement publiées par les éditions L'association et Cornélius. Outre qu'il s'agit de découvertes graphiques et narratives intéressantes, on est frappé par l'importance prise par l'univers de Hergé parmi les créateurs d'Afrique du sud. Joe Daly, notamment, dans son excellent John Wesley Harding (L'association), réussit la performance de créer un album à la fois très contemporain, fortement marqué par les paysages et les ambiances de son pays, mais aussi puissamment envouté par les lectures des Bijoux de la castafiore (pour l'intrigue faussement policière) et Vol 714 pour Sydney (pour le délire pseudo science-fictif et, même, certaines cases carrément citées "à la manière de"). Par ailleurs, dans le collectif Bitterkomix, réunissant d'autres auteurs sud-africains, dont Conrad Botes et Joe Dog, on trouve aussi, avec une pointe d'ironie supplémentaire, de nombreuses références à l'album Tintin au congo et à sa vision allégrement colonialiste d'époque. Dans un pays où l'apartheid est encore un souvenir cuisant, cela ne manque pas de sel subversif !
Des éditeurs francophones contemporains aux lointains cousins du Cap, il y a décidemment un lien qui lie les amoureux de la BD à travers le monde - et ce lien, en l'occurrence, est un journaliste à houppe - même si c'est parfois à son corps défendant !
22 février 2009
Revivez le festival d'Angoulême 2009 sur sncf.com
Fin janvier, vous étiez en Irak, sur Mars ou trop fauché pour faire le déplacement. Moralité : vous avez raté le festival d'Angoulême. Vous n'avez pas vu l'exposition Margerin, pas visité l'exposition Mizuki, ni parcouru celle consacrée à Dupuy et Berbérian. Vous n'avez pas vu le théâtre en Bulles, qui permet de donner vie aux personnages de BD en les incarnant sur une scène. Ni croisé David Polonsky, directeur artistique de Valse avec Bachir, ni Gally, gagnante du prix du public 2009, ni Emile Bravo, gagnant du prix du cheminot. Vous pleurez de rage la nuit en étreignant votre duvet, la haine au coeur. Popopop ! Détendez-vous ! Avec sncf.com, on a filmé des tas de films qui vous donneront tout cela, et plus encore. Vous y trouverez aussi l'excellent blog que notre gagnant du jeu-concours sncf.com, Chan Langaret, a réalisé pour nous (sur ces quelques photos avec moi-même au moment où, ébouriffés, nous arrivons dans la mégapole angoumoisine). Et où ça donc que l'on trouve ces friandises ? - ici : http://www.sncf.com/#/CH0007/BR0655/ et ici : http://blogdesbulles.sncf.com/
18 janvier 2009
Tu blogues, je blogue, nous bloguons... à Angoulême
Plus que quelques jours avant la fin du concours que j'ai lancé avec la SNCF pour le festival d'Angoulême ! A la clef ? Le séjour tout complet au festival et le droit de jouer au journaliste pour la SNCF pendant quatre jours... C'est tout expliqué sur le site sncf.com bien sûr.
En espérant vous voir bientôt...
15 décembre 2008
Solidarité avec Jean-Yves Mitton
Le cauchemar du dessinateur. C'est exactement ce qui vient d'arriver à Jean-Yves Mitton, pilier de la bande dessinée populaire en France. L'auteur de Ben-Hur chez Delcourt a envoyé comme à l'habitude ses planches par la Poste à son éditeur, le 2 décembre dernier. Ces planches ne sont jamais arrivées à destination. Il semblerait qu'elles aient été volées. Ces 13 planches A3, noir & blanc, numérotées de 24 à 36 décrivent la bataille navale entre galères, l'un des épisodes centraux de Ben-Hur tome 2. Lorsque qu'on sait ce qu'il en coûte à un dessinateur, même ayant le métier qu'a Jean-Yves, pour produire 13 planches, a fortiori représentant une bataille navale (!), on mesure toute l'angoisse qui doit être la sienne.
Il est fort probable que ces planches, si elles ont bien été volées, aboutissent sur le marché noir. C'est pourquoi Jean-Yves, qui souhaite en priorité récupérer ses planches, promet une récompense à tout personne lui donnant de l'information (sérieuse, cela va sans dire) ou lui rendant les planches. Il est prêt à passer l'éponge si celui ou celle qui lui rend ses travaux précieux est lui-même ou elle-même l'indélicat(e)...
Voici l'adresse de Jean-Yves :
Jean-Yves MITTON
1262, Route de la Dombes
01330 AMBERIEUX-EN-DOMBES
tel: 04 74 00 83 10
fax: 04 74 00 83 78
port: O6 87 28 39 01
On peut aussi laisser des informations sur ce blog.
Fiche ses tripes dans des dessins, c'est quelque chose de difficile, de parfois douloureux, en tout cas pas une promenade.
Voir disparaître dans le néant tant d'heures, ce serait une vacherie sans nom.
14 novembre 2008
Deux petits princes
Le Petit Prince, c'est magique ! L'adaptation du texte de Saint-Exupéry par Joann Sfar est un enchantement. Avec sncf.com, nous avons réalisé une interview de Joann, que vous pouvez trouver ici :http://www.sncf.com/webcas
On y trouve quelques planches et l'extrait (naissance de la rose !) lu par nos acteurs maisons.
Pour s'endormir avec un sourire d'enfant sur les lèvres...
30 octobre 2008
Son Goku et le roi singe de Mons
Quel plus bel endroit pour parler de la légende asiatique du Roi singe (le modèle mythologique derrière Dragon Ball), et plus généralement de manga, que la jolie ville de Mons dans le Hainaut (Belgique) ? Aucun à mon avis, d'autant que la Grand Place de Mons s'enorguillit de la présence d'un petit singe en bronze, dont l'usage veut que les passants lui caressent la tête tout en prononçant un voeu. J'y vois le signe d'une universalité des cultures et des thèmes mythologiques, de la Chine impériale à la Wallonie.
C'était là précisément l'un des thèmes des quelques conférences que j'ai données à Mons les 20 et 21 octobre dernier, à l'invitation de la Bibliothèque centrale de la province du Hainaut. Projection d'extraits de films, présentation de l'histoire du manga et de ses liens avec l'histoire du Japon, petit spectacle de kamishibai... Le programme a duré deux jours, et, étant donné les mines réjouies de mon public, je crois que cela a plu.
Il n'y a pas de secret : c'est parce que j'en avais fait le voeu en caressant le crâne dépoli du petit singe de la Grand Place...
02 octobre 2008
Littérature et irrévérence
Avec Mes hommes de lettres, Catherine Meurisse a signé un petit ouvrage comme on les aime : drôle et intelligent. C.Meurisse, qui est illustratrice jeunesse et journaliste à Charlie Hebdo, a parcouru dans le sens de la longueur un grand pan de littérature française, en y mettant son grain de sel comique. De Chrétien de Troyes aux (més)aventures éditoriales de Gallimard, en passant par le gilet rouge de Théophile Gautier à la bataille d'Hernani, voilà une version du Lagarde et Michard assez destroy - pour causer en bon françois !
J'ai interviewé la donzelle sur le site sncf.com (adresse habituelle) !
24 septembre 2008
Havank... et après !
Enfin des nouvelles de la BD hollandaise contemporaine, avec cet excellent Casse-tête, d'Havank, qui paraît chez Glénat. Lors d'un voyage en Allemagne, où il était publié dans la presse, j'avais reperé cet auteur - les lecteurs assidus de ce blog s'en souviendront peut-être. Casse-tête renoue avec la tradition années 50 du dessin "style atome", à la manière d'un Franquin dynamique, d'un Jijé mâtiné de Tilleux. Havank ne manque pas de moderniser son traitement, mais sans l'ironie mordante qu'avait Chaland. Son style serait plutôt celui d'un classicisme revisité, sans naïveté ni mômerie. Une vraie BD adulte dans un dessin pensé pour les adolescents d'il y a une quarantaine d'années... L'intrigue policière, qui se déroule sur la côte d'azur (à Cognes sur mer, selon l'hortographe volontairement fantaisiste de l'auteur), sent bon les pins et vibre du gri-gri des cigales. Bref : un morceau d'enfance et un morceau de vacances !















